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INTÉGRATION DES MIGRANTS SUBSAHARIENS AU MAROC « PATHOLOGIE DE LA FATALITÉ OU DÉNI DE CITOYENNETÉ

par franck nama 21 Juillet 2015, 10:58 immigration Maroc

La nouvelle politique migratoire gracieusement offerte par le roi au Maroc a donné lieu à une campagne de régularisation massive. Prés de 20.000 personnes sans papiers, sans distinction d’origine géographique (européenne, asiatique, africaine, ou moyenne orientale) ont eu droit à une carte de séjour .Les européens, les asiatiques et les migrants ou refugiés et demandeurs d’asile originaire du moyen orient semblent dans ce processus trouver aisément le chemin de l’intégration dans les tissus sociaux économiques et culturels du Royaume . Profitant pour les uns de la bonne organisation de leur communauté installée au Maroc, pour quelques uns depuis la période coloniale ou pour les autres par le caractère spécialisé de leurs compétences qui ont donné lieu à une intégration dans le tissus socio- économique bien avant l’octroi des cartes de séjours. le renouvellement du cachet d’entrée à la frontière de Melilla ou de Ceuta étant un des moyens utilisés pour rester en situation plus ou moins régulière pour les migrants issus de l’union européenne . La seule communauté totalement loin de l’intégration étant la communauté subsaharienne. Un certain nombre de spécialistes trouveront très rapidement la cause en mettant la raison sur le compte de la nature de la présence des subsahariens au Maroc qui pour la plus part sont taxés à raison ou à tort de vouloir se rendre en Europe de manière irrégulière.

Bien que l’on ne pourrait difficilement parler de l’immigration subsaharienne au Maroc sans parler de l’immigration irrégulière vers l’Europe. Une réalité inéluctable se dégage le Maroc jadis terre de transit est depuis une bonne décennie terre de destination, terre d’accueil. Combien de cas de hauts dirigeants subsahariens déchus l’on choisie comme terre de restauration et d’exil, combien d’hommes d’affaires à cause de son positionnement géographique stratégique s’y sont installés pour faire des affaires, combien de jeunes diplômés originaires d’Afrique subsaharienne l’on choisi comme pays de destination. Les exemples sont légions et malheureusement pour bon nombre ayant choisi le Maroc comme pays de destination la réalité de l’intégration est ambigüe et très souvent pousse à revoir leur projet. Poussé par la force des choses ils se retrouvent très vite en situation irréguliere à la quête de l’Europe. La seule et unique raison à blâmer ici étant l’exclusion. L’ATD quart-monde a mis en évidence la dimension circulaire du processus d’exclusion, qui, une fois enclenché, s’auto-entretient : « (…) il y a précarité quand il y a absence d’une ou de plusieurs sécurités qui permettent aux personnes ou aux familles d’assumer leurs responsabilités élémentaires, et de jouir de leurs droits fondamentaux. (…) quand la précarité affecte plusieurs domaines de l’existence, lorsqu’elle tend à se prolonger et devient persistante, elle engendre la grande pauvreté. Elle compromet alors gravement les chances de reconquérir ses droits et de réassumer ses responsabilités par soi-même dans un avenir prévisible. »

La malédiction est là les migrants d’origines subsahariennes au Maroc vivent dans des conditions d’exclusion à deux dimensions classiques.

  • L’exclusion du système social

  • L’exclusion dans le système sociale

L’exclusion du système social ne rentrant pas dans les critères pour faire partie de la société (manque de logement décent, manque de travail valorisant ou manque de travail tout cour , présence tres faible dans les medias et espace de diffusion culturelle ,manque d’assurance santé..Etc.) Il suffit de se rendre dans les quartiers défavorisés dans les grandes villes pour constater l’état de déliquescence des habitations des subsahariens, de la promiscuité y afférente, il suffit de jeter un coup d’œil sur le secteur des emplois pour constater que les noirs ne peuvent avoir qu’un travail dont n’en veut pas les autochtones, il suffit de se rendre dans les hôpitaux pour constater le manque de sécurité ,il suffit d’ouvrir les yeux sur la route et les trottoirs pour voir les noirs jonchant les rues à l’assaut des voitures pour faire la manche ou encore pour nettoyer des pars brises .la liste est exhaustive dans de telles conditions le pire des maux serait de voir ajouté aux précédents l’exclusion dans le système sociale ici l’exclusion dans le monde du travail se pérennise bien que pour ceux aujourd’hui ayant bénéficiées des cartes de séjours l’accès aux contrats de travail se fait au même titre que les autochtones , l’exclusion à l’auto détermination se cicatrise porté par des structures étrangères les programmes d’accompagnements des migrants sont menés par toutes personnes imaginables sauf par les migrants eux mêmes qui sont pourtant déjà assez bien organisés car présente sur tous les combats dont le plus connu est le soutient indéfectible porté au programme gouvernementale de régularisation massive . quand au succès de c’elle –ci ,l’on citera en effet ici la contribution du conseil des migrants, du collectif des travailleurs immigrés ,d’Alecma lumière sur la migration clandestine , de l’ organisation démocratique des travailleurs immigrés et du collectif des communautés subsahariennes au Maroc pour ne citer que ceux là . Cette exclusion dont on parle aujourd’hui a longtemps été présentée par les associations susmentionnées comme étant un processus dont les facteurs suivants y contribuent.

Au niveau individuel

  • Le faible niveau d’instruction pour certains migrants

  • La décrépitude du monde du travail

  • L’isolement

  • Un degré de protection sociale insuffisant

  • La dégradation de l’état sanitaire

  • Etc

Au niveau contextuel et macro social

  • La structuration des offres d’emplois

  • Le racisme et la xénophobie

  • Le code du travail

Les populations subsahariennes ainsi fragilisées vont donc très vite être victimes du syndrome de résilience. Face à tant d’adversités les chances de rebondir sont quasi nulle faute d’une communauté bien organisée pouvant donner des ressources le moment opportun pour se relancer cas des autres communautés donc occidentale au Maroc ou Marocaine en Afrique. L’intégration de la communauté subsaharienne au Maroc ne saurait donc se faire réellement s’y pour résoudre les problèmes des migrants subsahariens au Maroc les leaders des dites communautés ne sont pas impliqués dans les processus dynamiques d’inversement des facteurs cités plus haut. Mandela le disait déjà à son temps « ce qui est fait pour moi sans moi, est fait contre moi » ceci est dénoncé de manière systématique par les acteurs associatifs concernés, mais le silence des décideurs est intraitable sur la question, ce qui pousse les noirs puisqu’il s’agit d’eux à tirer des conclusions inéluctables il y a forcement déni de citoyenneté bien que des efforts considérables sont déployés par le ministère des marocains de l’étranger et de la migration ou encore de solidarity center . Ce qui n’est pas le cas de l’union européenne qui semble se complaire à faire souffrir d’avantage les noirs en signant de manière exclusive avec des organisations qui exclus et humilie systématiquement les acteurs à même de porter des solutions adaptées et définitives à la question récurrente de l’immigration irrégulière. Soit comme le pense la communauté subsaharienne engagée « à aucun moment il n’est question de vouloir résoudre la question de l’immigration clandestine .ici il y a un seul et unique objectif générer et gérer des fonds de gestion d’une crise sans fin. Le drame inhumain et immoral des hommes noirs traités et utilisés comme des animaux sans aucune dignité ».

FRANCK NAMA

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