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« Taper l’ashalam » ou le rapport incestueux qui déshumanise la question de la migration au Maroc

par franck nama 20 Août 2015, 10:52 migration et mendicité

foret  à proximité de boukalef Tanger
foret à proximité de boukalef Tanger

le 15 août 2015 la police est entrée à 3 Heures du matin à la fac de Oujda après avoir cadré l’espace pour exécuter une énième déportation de tous les migrants y vivant vers les villes de Rabat, Casablanca, Taza et j’en passe. 15 bus ont été garé dans la salle Multi-sport à coté de la gare de Nador ou tous les migrants ont été regroupés pour une brève identification avant le saut vers une ville inconnue pour une partie de tourisme obligatoire .En effet il est de triste mémoire quand dans les années passées , Oujda dans les belles , et célèbres heures de son apogée dans la migration faisait l’actualité . Il ne se passait de jour dans les collines avoisinant l’enclave de Ceuta sans qu’une information faisant état d’ irruption intempestive des forces de l’ordre, qui ,de manière systématique délogeaient les migrants des « polos, ou bunkers » ,les abris de fortunes qui se construisaient par les migrants avant les assauts sur le ventre mou de la muraille de fer, faisant office de frontière entre le Maroc et l’Espagne . Le résultat étaient toujours le même, le bilan faisait toujours état des bras ou des jambes cassées par certains agents des forces de l’ordre probablement exacerbés de ne pouvoir avoir de nuit de sommeil paisible , ou encore simplement après une chute sur les rochers des mis en cause . Fin des courses , la reconduite sur la frontière de l’Algérie et un retour deux jours plus tard sur le territoire du Maroc , en marchant de longues heures conduit par un guide , les migrants en avaient fait une routine qui a finalement eu raison de la détermination des forces de l’ordres qui se battent tous les jours au compte de l’union européen pour protéger la frontière de cette dernière. D’où aujourd’hui le changement de tactique qui consiste à refouler à l’intérieur du pays. Plusieurs cas marquant en illustrent ici les faits au mois de février 2015 une vaste opération de ratissage dans les forets de Gorogo ,de Selouane ou de Bolingo par Nador a vu une déportation sans précédent dans une bonne dizaine de villes du pays du nord vers le sud en passant par l’ouest et l’est ,récemment , c’était à Boukalef quartier emblématique dont les maisons avaient été pris d’assaut par les migrants qui les avaient occupés illégalement pendant une bonne période avant que cela ne dégénère entre les migrants et la population allogène au point de contraindre le gouvernement a ordonné le fameux délogement forcé qui a conduit à un refoulement similaire .

Face à ce changement de tactique, une analyse et une évaluation s’impose. Quel est l’impact de cette stratégie dans la vie des migrants ? Quel est le dégrée d’efficacité de la nouvelle méthode pour le système qui l’a mis sur pied dans la gestion de ce flux complexe ? Quand n’est-il de l’impact humanitaire ? Tant il est claire que les recommandations de sa Majesté sont claire quand à un accompagnement et une gestion de la question de la migration selon les principes humanitaires.

Impacte dans la vie des migrants

L’analyse y afférent s’adressera donc particulièrement aux méthodes employées et celles-ci sont claires pour le cas par exemple de Nador, les migrants ont été pris dans les forets avoisinant Nador ,mis dans des camions pour être gardé quelques jours dans des camps pour plus tard être libéré dans des villes quelconques sans repère mais avec pour le cas spécifique de la grande campagne du moi de février 2015 de Nador une somme de trois cent dirhams qui avait été remise aux migrants qui en avait fait preuve de reconnaissance en témoignant des conditions de détention humainement respectable . Ceci dit les migrants pouvaient dont rejoindre une destination de référence à l’exemple de Tanger, de Rabat, de Casablanca pour se reposer ,reprendre des forces le temps que les choses se calment .faute d’un programme d’accompagnement bien ficelé à travers des offres de formations adaptées aux cas spécifiques de chaque migrants il faut dire ici, qu’il est purement formalitaire de proposer des formations aux migrants sans prendre en compte la dimension psychologique de l’individu qui ne vie désormais que pour atteindre l’objectif ultime fixé . Dans le cas de Tanger et récemment d’Oujda après l’éparpillement dans les villes les migrants étaient libérés systématiquement et sans aucune assistance en termes d’accompagnement. Les hommes sont jetés en pâture dans les métropoles, livrés à eux-mêmes c’est la crise de l’identité. Se définir comme mendiant, « Taper l’ashalam » ou périr de froid et de faim quand c’est la période d’hiver. là est tout le problème ; comment peut on demander à un homme qu’on contraint à « taper l’ashalam » à s’intégrer dans le tissus socio-économique du pays sans prendre en compte l’accumulation du stress inhérent à ce vicieuse et dégradant acte qu’est mendier « un mendiant déguenillé, sollicitant l’attention et la pitié de la multitude » Victor Hugo c’est là un acte servile et humiliant qui lui tout seul peu être un obstacle infranchissable à l’idée de s’intégrer pour les migrants que l’on interpelle ici à rejoindre la stratégie national d’immigration et d’asile. A travers une campagne de lever des frais de transport pour rejoindre un hypothétique havre de paix, par la mendicité l’on devra également trouver dans des conditions d’hygiène déplorable son repas, à une t’el personne pourrais t’on demander sans autres forme de procès, de rejoindre le champ sociale sans qu’elle entrevoit la honte de se confronter à des personnes qui l’ont remarqué hier comme mendiant ? Comment peut-on avoir le sommeil après avoir laissé des hommes dans la ville sans se rassurer qu’elles ont de la famille ? Ça il faut le dire c’est vicieux et contre tout principe humanitaire tel que recommandé dans la nouvelle politique migratoire par sa majesté. Le dimanche 16 aout Apres une heure d’écoute d’une vingtaine de migrants refoulé sur Rabat s’étant rendu à l’église pour recevoir de l’assistance une question fondamentale se pose ceci aide t’il réellement le system ;certes on reconnaitra à cette stratégie d’être moins pénible pour les migrants que les traitements qu’on a vu être appliqué aux migrants en Angola ,en guinée équatoriale, au Tchad et plus récemment au Cameroun ou on a noté un refoulement de 2500 migrants de nationalité nigériane dans des camions dans des conditions désolante, considérant le niveau plus ou moins avancé du Maroc ,considérant les ambitions continentale du royaume qui semble être largement au dessus de ceux des pays suscité l’on se demande si ceci n’est simplement pas là une autre forme de « taper l’ashalam » au compte de son partenaire l’union européen sinon de mon point de vue étant donné que tout les migrants ainsi refoulés sont sans carte de séjour et dont sans place dans le projet d’intégration ,ne serait il pas préférable d’ouvrir les vannes laissant ainsi couler le flux vers l’Europe pour désengorger les villes comme Tanger ,Oujda ou mêmes encore Nador .

FRANCK NAMA

Responsable pole migration centre culture Africain

SG CTIM

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