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Guerre psychologique UE-Migrants :

par franck nama 3 Octobre 2016, 16:37

Guerre psychologique UE-Migrants :

Guerre psychologique UE-Migrants :

Quelles autres options explorées?

La guerre larvée que l’U.E livre contre l’afflux des candidats à l’immigration chez-elle n’avance pas. L’espoir suscité par la signature, fin 2015, des accords entre les gouvernements européens et leurs homologues africains pour contenir les migrants dans leurs pays d’origines et surtout dans les principaux pays d’accueil, a été de courte durée. Depuis le sommet de la Valette, les migrants brillent par l’audace et l’ingéniosité. Ils se sont réarmés contre les embûches et gagnent nombreux les rives de l’Europe. Quel avenir pour les politiques anti-immigrations musclées de l’Union européenne ? Sans traiter les causes profondes des situations qui jettent des pans entiers des populations sur le chemin de l’exil, l’avenir s’annonce sombre.

En novembre 2015, à l’issue du sommet de la Valette qui a réuni des chefs d’état d’Europe et ceux d’Afrique sur la question de migration, des accords ont été signés entre les deux parties pour combattre l’immigration à la base. Ayant réalisé que sa batterie des mesures musclées contre le franchissement de ses frontières n’avaient quasiment pas donné des résultats, l’UE a décidé de changer de terrain et de se munir de nouvelles armes.

Dans le second paragraphe de la Déclaration de la Valette on peut lire : ‘’Les chefs d’État ou de gouvernement européens et africains se sont réunis en vue de renforcer la coopération et de relever les défis que représente la migration mais aussi d’exploiter les possibilités qu’elle offre’’. Mais, au juste, que signifie ‘’renforcer la coopération et relever les défis que représente la migration mais aussi exploiter les possibilités qu’elle offre’’ ? En lisant cette introduction aux accords liés au sommet de la Valette, rien ne semble anormal. Pourtant la vérité qui suit est troublante.

Car, en réalité, les dirigeants européens et africains, qui ont pris part au sommet de la Valette, ont, en somme, conclu un deal qui hypothèque l’avenir de la jeunesse africaine poussée sur le chemin de l’exil du fait des crises multiformes : guerres, conflits armés, instabilités politiques, crises économiques et sanitaires et j’en passe… Un deal criminel que la société civile peine à réaliser. Car, il suffit seulement de lire le 5ème point de ces accords pour le comprendre. ‘’Prévenir la migration irrégulière, le trafic de migrants et la traite des êtres humains et lutter contre ces phénomènes’’.

Quand ils soutiennent vouloir ‘’Prévenir la migration irrégulière, le trafic de migrants et la traite des êtres humains et lutter contre ces phénomènes’’, que sous-tendent-ils donc ? Nous savons tous que les causes de la migration relèvent des phénomènes politiques et économies que les européens entretiennent en Afrique comme le soutien aux pouvoirs dictatoriaux et la prédation économique. Or, lorsque l’on sait que les dictateurs africains, qui pillent les économies de leurs pays et assujettissent leurs peuples, sont ceux-là qui ont apposé leurs signatures sur ces fameux accords, on est en droit de se demander ce que vise vraiment l’Europe en terme de politique migratoire.

Pour démontrer l’incongruité des mesures dites pratiques prises lors du sommet de la Valette, le fonds fiduciaire pour l’Afrique, et qui concerne plus des 24 pays africains, ne s’élève qu’à 1, 8 milliards d’Euros alors que la Turquie, à elle seule, a eu droit à plus de 3 milliards d’Euros. Par ailleurs, des pays d’Afrique centrale pourvoyeurs des réfugiés et migrants comme la RDCongo et la Centrafrique n’en bénéficient pas. De quoi se poser des questions sur la réelle volonté de l’Europe de régler la question de la migration à la source.

La valette, un an après

Malgré les nouvelles armes contre les migrants dont l’Europe s’est munie, la réalité des embarcations de fortune qui chavirent ou abordent l’autre rive de la Méditerranée démontre que rien à varier. La situation en Syrie et en Libye mais aussi les conflits qui persistent en RD Congo et en Centrafrique et, aussi, les effets des crises économiques qui cinglent la plus part des pays africains, continuent de jeter des populations, surtout des jeunes, sur le chemin de l’exil. Les chiffres sont en hausse. A titre d’exemple, le 29 août 2016, les gardes-côtes italiens et des agents de la croix rouge italienne ont sauvé plus de 6500 migrants partis de la Libye –record d’entrée en un seul jour.

Conséquence de cet échec, les migrants ont renforcé leur capacité d’action. Pour échapper aux dispositions coercitives des accords, ils ont multipliés des astuces. D’un pays à l’autre, leurs approches de passage varient. Au Niger, par exemple, ils ont doublé la ‘’rétribution’’ des policiers et des agents de l’immigration qui ‘’ne le voient pas du tout passer’’. La corruption étant ambiante et les agents commis aux contrôles étant de condition assez modeste, il leur suffit simplement de ‘’casquer’’, comme s’en félicitent les migrants qui continuent d’affluer vers l’Algérie via le Niger.

Dans le cas des pays comme l’Algérie et le Maroc, les migrants optent pour une stratégie tout aussi subtile : celle des étapes et du renforcement financier. Ainsi, lorsque ils arrivent dans ces pays, ils tentent la régularisation de leur situation administrative -l’obtention d’une carte de séjour ou de réfugié- en attendant le moment propice pour l’attaque (Cas du Maroc). Sinon, ils s’adonnent à la mendicité ou font des petits boulots pour financer leur voyage prochain (Cas Maroc et Algérie). Et, il ya la catégorie -majoritaire- celle des desperados qui sont prêts à sacrifier leur vie pour gagner l’Europe par la mer où en forçant les nouveaux Nuremberg et Auschwitz que l’Espagne a construits sur le continent africain -Ceuta et Melilla. Une catégorie qui est de plus en plus violente et opère des attaques en plusieurs meutes difficiles à contenir.

On constate donc que mal perçue et mal posée, la question de la migration est insolvable tant que ‘’les causes profondes’’, que les états éludent, ne sont pas pris en compte. Ainsi, tant que l’Afrique ne sera pas économiquement indépendante et demeurera dans l’incapacité à créer les conditions d’épanouissement pour ses ressortissants et surtout tant que les crises multiformes continueront à s’accentuer, nous pensons que l’Europe ne trouvera pas de repos. L’immigration restera l’alternative au mal vivre qui sévit dans, quasiment, toutes les régions africaines

Franck Nama

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